Assemblage à mi-bois
Deux pièces entaillées de la moitié de leur épaisseur qui se recouvrent pour s'assembler à fleur.
Dans un assemblage à mi-bois, chaque pièce reçoit une entaille égale à la moitié de son épaisseur, de sorte que les deux se recouvrent en restant affleurées. On l'utilise pour les croisements, les angles et les enrayures, ainsi que pour aboutir deux pièces dans le prolongement l'une de l'autre. Simple à tracer et à tailler, il offre une bonne surface de contact entre les pièces et se renforce aisément d'une cheville ou de boulons selon les efforts à reprendre.
Comment on le taille
La réalisation d'un mi-bois est relativement directe : on trace la zone de recouvrement, puis on enlève la moitié de l'épaisseur sur chaque pièce, par sciage des joues et dégagement au ciseau ou à la défonceuse. La précision porte ici sur la profondeur de l'entaille – exactement la moitié de l'épaisseur – pour que les deux pièces affleurent parfaitement une fois assemblées. Un fond d'entaille bien plan garantit un contact complet et une bonne transmission des efforts.
Usages et limites
Le mi-bois est idéal pour les croisements de pièces (par exemple deux solives qui se croisent), les assemblages d'angle de cadres, ou l'aboutage de deux pièces. Il reprend bien le cisaillement et maintient l'alignement, mais résiste mal à l'arrachement s'il n'est pas verrouillé. On le réserve donc aux situations où les efforts sont modérés, ou on le complète systématiquement par un chevillage ou un boulonnage. Sa simplicité en fait un assemblage économique en temps, utile dans de nombreux ouvrages secondaires.
Le renfort par chevillage
Pour transformer un mi-bois en liaison fiable, on ajoute généralement une ou deux chevilles de bois traversant le recouvrement. Le chevillage empêche les pièces de se désolidariser et bloque tout glissement. Sur des ouvrages plus sollicités, on peut recourir à un boulonnage. Cette possibilité de renfort, combinée à sa facilité d'exécution, explique pourquoi le mi-bois reste un assemblage courant, employé en complément des liaisons principales d'une charpente.
Des applications concrètes
On rencontre le mi-bois dans de nombreuses situations du quotidien de l'atelier : croisement de deux solives de plancher, assemblage des montants et traverses d'un cadre, aboutage de deux pièces dans le prolongement l'une de l'autre, ou encore liaison d'éléments de remplissage. Sa simplicité de traçage et de taille en fait un assemblage économique, que l'on emploie là où il n'est pas nécessaire de mobiliser un tenon-mortaise. Combiné à un chevillage ou à un boulonnage, il offre un excellent compromis entre rapidité d'exécution et solidité. C'est un assemblage discret mais omniprésent, qui illustre bien la diversité des liaisons bois dont dispose le charpentier pour répondre à chaque situation avec la solution la plus juste.
En comparaison
Plus rapide à tailler que le tenon-mortaise, le mi-bois reprend bien le cisaillement mais moins bien l'arrachement : il doit souvent être verrouillé par une cheville. On le choisit pour sa simplicité sur les croisements et les ouvrages secondaires, et on lui préfère le tenon-mortaise pour les liaisons structurelles les plus sollicitées.
Questions fréquentes
L'assemblage à mi-bois est-il solide ?
Il reprend bien le cisaillement et maintient l'alignement, mais résiste mal à l'arrachement seul. Verrouillé par une cheville ou un boulon, il devient fiable pour de nombreux usages.
Quand le préférer au tenon-mortaise ?
Pour les croisements de pièces, les angles de cadres et les ouvrages secondaires où les efforts sont modérés et où la rapidité d'exécution est appréciable.
Faut-il le cheviller ?
C'est fortement recommandé : une ou deux chevilles empêchent les pièces de se désolidariser et bloquent tout glissement.
Est-il adapté à l'extérieur ?
Oui, à condition d'employer un bois adapté à l'exposition et des fixations inox, comme pour tout ouvrage extérieur.