Anatomie du bois
Les parties qui composent un tronc, de l'écorce au cœur, et leur rôle dans la durabilité du bois.
Un tronc n'est pas une matière homogène : il se compose de plusieurs zones, de l'écorce vers le centre, qui n'ont ni le même rôle ni les mêmes qualités. Comprendre cette anatomie aide à choisir le bon bois et à expliquer pourquoi une même grume peut donner des pièces très différentes. Les deux zones essentielles pour le charpentier sont l'aubier, jeune bois périphérique, et le duramen, bois de cœur mûr et durable.
- Écorce – protège l’arbre
- Cambium – couche génératrice du bois
- Aubier – bois jeune, conduit la sève
- Duramen – bois de cœur, durable
- Moelle – centre du tronc
- Cernes annuels – un anneau par année de croissance
De l'écorce au cœur
En partant de l'extérieur, on rencontre successivement l'écorce, qui protège l'arbre, puis le cambium, fine couche génératrice qui fabrique le bois chaque année. Vient ensuite l'aubier, le bois jeune encore vivant qui conduit la sève, puis le duramen, le bois de cœur mûr qui assure le soutien de l'arbre. Au centre se trouve la moelle, vestige de la croissance initiale. C'est la position d'une pièce dans cette coupe qui détermine ses propriétés.
L'aubier
L'aubier est la couche externe et jeune du bois, située juste sous l'écorce. Plus clair, plus tendre et gorgé de sève, il conduit l'eau et les nutriments dans l'arbre vivant. Cette richesse en sucres le rend malheureusement peu durable : il est sensible aux insectes (capricornes, vrillettes) et aux champignons. En charpenterie, l'aubier est donc purgé (éliminé au débit) ou traité pour les ouvrages exposés. Sa présence sur une pièce est un point de vigilance, surtout en extérieur.
Le duramen (bois de cœur)
Le duramen, ou bois parfait, est la partie interne et mûre du tronc. Au fil des années, les cellules de l'aubier cessent de conduire la sève, se chargent de tanins et d'extractibles (composés naturels déposés dans le bois, qui renforcent sa durabilité et sa couleur), et se transforment en duramen. C'est ce processus qui confère aux essences durables leur résistance naturelle à l'humidité et aux attaques biologiques. Plus dense, souvent plus coloré, le duramen est la partie noble du bois, celle sur laquelle se fonde la durabilité naturelle d'une essence comme le chêne, le châtaignier ou le douglas.
Cernes, fil et nœuds
Le bois porte d'autres marques de sa croissance. Les cernes annuels, ces anneaux concentriques, correspondent chacun à une année : ils renseignent sur la vitesse de croissance, qui influe sur la densité. Le fil du bois désigne l'orientation des fibres ; le respecter au débit et à la taille est essentiel pour la solidité et pour éviter les éclats. Les nœuds, enfin, marquent l'insertion des branches : ils peuvent affaiblir une pièce ou simplement l'animer esthétiquement, selon leur taille et leur position.
En comparaison
Aubier et duramen proviennent du même arbre mais s'opposent : l'aubier est jeune, tendre et périssable, le duramen est mûr, dense et durable. Quand on parle de la durabilité naturelle d'une essence, c'est toujours celle de son duramen ; l'aubier, lui, doit être purgé ou traité quel que soit le bois.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l'aubier et le duramen ?
L'aubier est le bois jeune et tendre situé sous l'écorce, qui conduit la sève et n'est pas durable. Le duramen est le bois de cœur mûr, plus dense et naturellement durable. C'est lui qui donne sa résistance à une essence.
Pourquoi faut-il purger l'aubier ?
Parce qu'il est riche en sucres et sensible aux insectes et aux champignons. Sur un ouvrage exposé, l'aubier non traité se dégrade vite : on l'élimine au débit ou on le traite.
La durabilité naturelle concerne-t-elle tout le tronc ?
Non, uniquement le duramen (bois de cœur). C'est pourquoi un même arbre peut fournir des pièces de durabilité différente selon qu'elles contiennent de l'aubier ou non.
Les nœuds affaiblissent-ils le bois ?
Cela dépend de leur taille et de leur position : un nœud peut réduire la résistance d'une pièce structurelle, mais aussi simplement participer à son aspect. Le choix se fait selon l'usage.